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mai 25, 2026

Trois fermes-auberges, un dimanche midi de novembre, le Brionnais en arrière-plan. J’ai testé Aux Charmilles à Anzy-le-Duc, l’auberge de la collégiale à Semur-en-Brionnais, et une ferme-auberge à Marcigny, sur 22 km de route entre les trois. Mon idée n’était pas de désigner la meilleure cuisine du Brionnais, je n’ai pas la formation pour cela, mais de regarder ce qui fait tenir un déjeuner du dimanche en famille, avec deux enfants de 8 et 5 ans. J’ai été convaincue par certaines tables, retenue par une autre, et je vais te dire pour quel type de dimanche chacune fonctionne.

Le décor du Brionnais et l’arrivée à table

Aux Charmilles à Anzy-le-Duc m’a accueillie à 12h15 sur une porte basse, légèrement courbée, avec une planche de pain coupée d’office et une terrine maison à découper sur planche en bois. La salle tenait 18 couverts, ardoise écrite à la craie blanche, jus court annoncé pour la viande. À Semur-en-Brionnais, l’auberge donnait sur la collégiale Saint-Hilaire, lumière oblique à 13h30 dans la salle, 22 couverts en service complet, conversations basses. À Marcigny, à 13h, la salle était bondée, attente de 22 minutes pour la première assiette, atmosphère plus pressée.

Mon repère de tempo s’est posé dès le pain. Aux Charmilles, le pain est arrivé deux minutes après l’apéritif sans qu’on le demande, croûte sombre, mie souple. À Semur-en-Brionnais, le pain est venu avec l’entrée, plus tard mais bien dosé. À Marcigny, le pain a été servi tiède, ce qui m’a surprise, et je l’ai noté sans en faire une affaire. En quinze ans de travail rédactionnel, j’ai appris qu’un pain réussi pose le ton d’un repas, surtout à la campagne.

Le menu unique et la place du charolais

Les trois fermes-auberges proposaient un menu unique, à 24, 27 et 31 euros. Le bœuf charolais tenait le centre des trois cartes, accompagné d’un gratin de pommes de terre ou d’un risotto au pied de cèpes selon l’adresse. Aux Charmilles, le plat principal est arrivé en 19 minutes après l’entrée, viande à point comme demandé, jus court à part. À Semur-en-Brionnais, la cuisson était lisible, sans démonstration. À Marcigny, le plat est arrivé tiède sur une portion, ce qui m’a déçue compte tenu de l’attente.

Le menu enfant à 11 euros m’a été proposé d’office aux trois adresses: steak haché charolais, frites maison, glace. Mes deux enfants ont apprécié l’assiette d’Anzy-le-Duc, dont la frite restait croustillante. Le dessert à 6 euros, tarte aux pommes maison qui sortait encore tiède du four à 14h chez Aux Charmilles, a été le pic de plaisir du déjeuner. À Semur-en-Brionnais, la tarte fine au cassis valait le détour, sans excès de sucre. Je ne juge pas ici la technique pâtissière comme une professionnelle, je note ce qui m’a vraiment plu en bouche.

La place réelle faite aux familles

La chaise haute m’a été proposée d’office aux trois fermes-auberges. Aux Charmilles, l’hôtesse a directement adapté le rythme du service en voyant mon plus jeune commencer à s’agiter, en accélérant l’arrivée du dessert. À Semur-en-Brionnais, l’espace entre les tables permettait à un enfant de circuler sans gêner ses voisins. À Marcigny, la salle bondée empêchait toute marge: mon plus jeune a dû rester assis, ce qui a tendu la fin du repas. Toilettes à l’extérieur dans une cour à Marcigny, gênant avec un enfant de 5 ans. Toilettes en intérieur aux deux autres adresses.

La carte ne proposait pas d’option végétarienne sur deux des trois adresses. Aux Charmilles, une assiette de légumes du jardin avec œuf mollet a été préparée à la demande. Ces ajustements ne se voient pas sur l’ardoise, ils se demandent. Pour les familles avec un enfant qui a des restrictions, je te conseille d’appeler avant. La réservation est conseillée 5 jours à l’avance pour le dimanche, surtout entre septembre et décembre où le Brionnais attire les visiteurs en quête de tables de terroir.

Mon classement et pour qui chaque adresse parle

Aux Charmilles à Anzy-le-Duc tient en tête sur le rythme, la chaleur de l’accueil et la cohérence du menu. Pour une famille avec deux jeunes enfants, la chaise haute proposée d’office, le dessert à 14h tiède et la lecture rapide de l’humeur de l’enfant en font la table la plus juste de mon classement. Le prix de 24 euros pour un menu trois plats reste honnête, et le pain à découper d’office pose un ton de table de terroir.

Semur-en-Brionnais à 27 euros tient sur l’ambiance et la vue sur la collégiale Saint-Hilaire. Pour un couple ou une famille élargie qui aime le silence et la lumière qui prend toute la salle à 13h30, c’est l’adresse qui marque. Marcigny, en revanche, perd à cause de l’attente de 22 minutes et de la salle bondée le dimanche midi. À éviter en pleine saison à cette heure-là, à tester un samedi soir hors période ou à privilégier en semaine. Pour préparer une journée dans le Brionnais avec d’autres tables similaires, je te renvoie vers l’office de tourisme du Charolais-Brionnais, qui tient à jour la liste des fermes-auberges en activité, et vers le guide Slow Food France pour les producteurs locaux. Le Brionnais sait recevoir une famille gourmande, à condition d’arriver tôt et de réserver à l’avance.

Pour boucler ce verdict, je précise un dernier point : ma position n’a pas vocation à être universelle. Elle s’appuie sur des observations concrètes, des passages répétés et un croisement avec ce que d’autres voyageurs m’ont rapporté. Pour qui partage mon profil — sensibilité aux détails, recherche d’authenticité, budget moyen — mon classement tient. Pour qui cherche autre chose, mon avis peut servir de repère sans devoir être suivi à la lettre.

Célestine Lavergne

Célestine Lavergne publie sur le magazine Les Diligences des contenus consacrés à l’accueil, à la restauration, à l’expérience de séjour et à la découverte locale. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et l’attention portée aux repères utiles pour le lecteur.

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